Ouverture d’un nouveau laboratoire sur le site d’Orsay

Ouverture d’un nouveau laboratoire sur le site d’Orsay
L3 Orsay

Avec ce nouveau laboratoire sécurisé de type L3, les chercheurs vont pouvoir élargir le champ de leur expérience. Résultats à suivre…

Un nouveau laboratoire sur le site d’Orsay

Parfois les chercheurs ont besoin de créer des chimères, des cellules humaines ou animales dans lesquelles ils ont introduit des modifications génétiques. A cette fin, ils utilisent des lentivirus pathogènes car ces virus possèdent la capacité d’insérer leur matériel génétique au sein d’un autre génome. S’ils sont fort utiles à l’étude de voies moléculaires qui, lorsqu’elles sont dérégulées, amènent à l’émergence des cancers ou de maladies neurodégénératives, leur manipulation nécessite des conditions très strictes. La législation Française et Européenne impose que la manipulation de ces vecteurs lentiviraux pouvant être classés de niveau 3 soit effectuée dans un laboratoire de niveau de confinement 3 appelé « L3* ». « Or l’accès à cette technologie intéresse 11 équipes du site d’Orsay de l’Institut Curie. Par ailleurs, 6 équipes d’autres Instituts de la Vallée de Chevreuse ont déclaré leur vif intérêt pour cette technologie et l’installation d’une plateforme moderne et aux normes » explique Carsten Janke, chef d’équipe au Centre de Recherche et porteur du projet sur l’ouverture d’un laboratoire de type L3 à Orsay. Grâce à un financement de la région Ile-de-France, du Plan Cancer et de la Fondation Pierre-Gilles de Gennes, complété par l’Institut Curie qui a considéré ce projet comme prioritaire, et plusieurs mois de travaux, un tel laboratoire vient d’ouvrir ces portes. Il s’agit d’une enceinte confinée en dépression par rapport à l'environnement des laboratoires annexes et dont l'accès est réglementé et réservé aux personnes autorisées et équipées de manière spécifique (combinaison spécifique, doubles gants, masque de protection, lunettes, chaussures spécifiques..). Ce laboratoire va renforcer les moyens technologiques existants sur le site d’Orsay. « L’apprentissage de cette technologie sera un bénéfice déterminant pour les chercheurs, en particulier les jeunes chercheurs en formation, pour leurs travaux actuels et pour leur avenir » ajoute Carsten Janke. Les chercheurs vont ainsi pouvoir introduire les modifications génétiques dans des cellules ne se divisant pas (neurones, cellules ciliées, cellules souches) et étudier leurs effets sur la survenue de pathologies comme les cancers ou les maladies neurodégénératives. « Nul doute que de nouvelles perspectives en termes de découvertes scientifiques seront rapidement associées à la création d’un laboratoire L3 » conclut Mounira Amor-Gueret, directrice déléguée du Centre de Recherche sur le site d’Orsay.

*L3: Laboratoire de niveau de confinement 3 pour la manipulation des agents biologiques hautement pathogènes à l’échelon individuel (pouvant provoquer une maladie grave chez l'homme et constituer un danger sérieux pour les travailleurs) et faiblement pathogènes à l’échelon collectif (leur propagation dans la collectivité est possible, mais il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficace)